Article de presse sur le mariage d'une journaliste avec un militant d'extrême droite radicale
Le tribunal judiciaire de Versailles rejette la demande d'une journaliste de retrait d'un article de presse sur son mariage car il informe sur les liens entretenus entre des journalistes et des militants de l'extrême droite radicale, dont le public peut être légitimement informé.Un média militant d'ultra-gauche a divulgué au public, dans le cadre de la publication d'un article sur une journaliste, son mariage avec un militant d'extrême droite et a également révélé la véritable identité de la journaliste qui avait choisi d'exercer sous un pseudonyme pour protéger son identité, sa famille et sa vie privée.
La journaliste a demandé le retrait, sous astreinte, de la mise en ligne de l'article "Le fiancé fan du IIIe Reich de [D] [Y], l'égérie du média Frontières", arguant d'une atteinte à la vie privée, au droit à l'image et aux données personnelles sur le fondement des articles 8 et 10 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, 9 du code civil, et 4 du règlement (UE) 2016/679 du 27 avril 2016 (RGPD). Dans un jugement du 31 mars 2026 (n° 25/01616), le tribunal judiciaire de Versailles rejette cette demande.Il rappelle que le droit au respect de l'intimité de la vie privée peut se heurter aux droits d'information du public et de liberté d'expression et que, lorsque les informations relèvent du débat d'intérêt général, la liberté d'expression peut primer.Ont trait à un intérêt général les questions qui touchent le public dans une mesure telle qu'il peut légitimement s'y intéresser, qui éveillent son attention ou le préoccupent sensiblement, notamment parce qu'elles concernent le bien-être des citoyens ou la vie en collectivité ou ont une incidence sur la vie démocratique, les institutions ... ou sont susceptibles de créer une forte controverse, qui portent sur un thème social et/ou politique important, ou encore qui ont trait à un problème dont le public aurait intérêt à être informé. En l'espèce, l'article de presse était relatif aux fiançailles de l'"Animatrice de la matinale de la webradio de 'Frontières' et nouveau visage féminin de la sphère médiatique de l'extrême droite, [D] [Y]" avec "un militant radical et collectionneur acharné d'objets liés au IIIe Reich". Le tribunal judicaire relève que l'indication du nom patronymique de la journaliste présente un intérêt général dans le cadre d'un article de presse présentant le mariage de cette dernière avec un militant d'extrême droite, comme un élément majeur d'information sur les liens entretenus entre des journalistes et des militants de l'extrême droite radicale, dont le public peut être légitimement informé.